{"id":616,"date":"2018-06-01T20:47:32","date_gmt":"2018-06-01T18:47:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrefourfga.ca\/ticfga\/journalcfm\/?p=616"},"modified":"2024-09-04T21:13:31","modified_gmt":"2024-09-04T19:13:31","slug":"pluie-de-plomb","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrefourfga.ca\/ticfga\/journalcfm\/2018\/06\/01\/pluie-de-plomb\/","title":{"rendered":"Pluie de plomb"},"content":{"rendered":"<p><strong>Pluie de plomb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Par:\u00a0Antoine B\u00e9rube-Lussier<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.45enord.ca\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/130702-bataille-somme-beaumont-hamel.jpg?resize=740%2C494\" alt=\"R\u00c3\u00a9sultats de recherche d'images pour \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0bataille de la somme\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Juillet 1916<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Soldat Henry Teller, 18 ans, 25e division de l\u2019Empire britannique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">1916, la guerre en Europe fait rage depuis deux ans d\u00e9j\u00e0. Depuis le mois de f\u00e9vrier, les Fran\u00e7ais se battent contre les Allemands pour conserver la ville de Verdun. Selon quelques rumeurs, les Allemands commencent \u00e0 battre en retraite et les Fran\u00e7ais sont encore debout. Mais est-ce la v\u00e9rit\u00e9 ou une simple histoire invent\u00e9e pour nous remonter le moral? Invent\u00e9e ou pas, demain ce sera une certitude, car les troupes britanniques repoussent les arm\u00e9es allemandes de la Somme, ainsi qu\u2019en France.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Pour le moment, la meilleure chose \u00e0 faire serait de se reposer, car demain sera un vrai bain de sang. \u00a0Je ne m\u2019inqui\u00e8te m\u00eame pas pour la victoire, car avec les renforts de pr\u00e8s de 300 000 Fran\u00e7ais et avec nos 1 500 pi\u00e8ces d\u2019artilleries, les Allemands n\u2019ont qu\u2019\u00e0 bien se tenir.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Je profite de ma derni\u00e8re journ\u00e9e tranquille pour fl\u00e2ner d\u2019une bande \u00e0 l\u2019autre, entendre les nouvelles de la situation d\u2019un peu partout dans l\u2019Europe.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">La premi\u00e8re bande que je croise n\u2019avait \u00e0 peine plus de 18 ans. L\u2019un d\u2019eux \u00e9tait un r\u00e9fugi\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e d\u2019Italie. Il s\u2019\u00e9tait battu durant l\u2019offensive Italienne contre les Austro-hongrois \u00e0 Isonzo. Son bataillon s&rsquo;est fait d\u00e9cimer sous les feux ennemis. Il a d\u00e9sert\u00e9 en plein combat et il \u00e9t\u00e9 rep\u00each\u00e9 par un bataillon de Fran\u00e7ais dans le sud de la France. Il avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 la prison, mais \u00e9tant donn\u00e9 le manque d\u2019effectif fran\u00e7ais, on lui avait laiss\u00e9 le choix de se battre ou d\u2019\u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 mort. Au d\u00e9but, on ne savait pas quoi faire de lui, mais au fil du temps, il s\u2019est rendu de plus en plus utile, surtout pour nous conter les nouvelles de l\u2019Italie et de ses combats contre les Austro-hongrois.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Les tranch\u00e9es sont sales et boueuses, pires que les terres humides de la Bretagne. En arrivant dans un cul-de-sac, je croise un groupe de Canadiens discuter des pertes sur le front de l\u2019est. Avec les Allemands et les Austro-hongrois qui repoussent de plus en plus les Russes. Selon quelques-uns d\u2019entre eux, nous allions perdre cette guerre et la seule chance qu\u2019on puisse la gagner \u00e7a serait que les Am\u00e9ricains entrent en guerre en Europe. Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que j&rsquo;entend parler de la possibilit\u00e9 de l\u2019entr\u00e9e en guerre de la US army.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">La nuit commence \u00e0 tomber, je m\u2019installe alors sur le sol en recherche d\u2019une position confortable. Je sens que la nuit sera courte.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Le lendemain, je suis r\u00e9veill\u00e9, comme tout le monde, par le bruit des tirs d\u2019artillerie. Nous commen\u00e7ons \u00e0 pilonner les tranch\u00e9es Allemandes vers 6h30 du matin. Toutes les troupes Britanniques sont mobilis\u00e9es pour \u00eatre pr\u00eates \u00e0 l\u2019assaut. Je prends mon SMLE MKIII pour y installer ma ba\u00efonnette. Il y a des tirs presque \u00e0 toutes les secondes. C\u2019est comme \u00e7a durant pr\u00e8s d\u2019une heure. Vers 7h30, notre commandant nous ordonne d&rsquo;avancer vers les lignes des boches en marchant. Personne ne sait vraiment pourquoi on y va \u00e0 la marche. Le commandant nous dit que les Allemands n\u2019ont pas surv\u00e9cu aux tirs d\u2019artillerie. Il est vrai qu\u2019avec plus de 1 000 000 d\u2019obus tir\u00e9s sur les lignes allemandes, il serait surprenant qu\u2019ils aient surv\u00e9cu.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Apr\u00e8s plusieurs minutes de marche, un de nos hommes se met \u00e0 crier \u00ab AU SOL! \u00bb. Au loin, on peut apercevoir les Allemands avec leurs mitrailleuses dans leur tranch\u00e9e. Il est d\u00e9j\u00e0 trop tard pour fuir, les balles proviennent de partout \u00e0 la fois. Une vraie pluie de plomb. Je vois mes compagnons tomber un par un autour de moi. Un vrai champ de cibles vivantes. Tout le bataillon britannique bat en retraite pour se diriger dans les tranch\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">En fin de journ\u00e9e, on compte pr\u00e8s 60 000 morts attribuables \u00e0 cette attaque rat\u00e9e. Cette journ\u00e9e est la plus sombre de tout l\u2019Empire britannique. Les troupes sont \u00e9puis\u00e9es et les soldats ont perdu la foi pour la victoire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Quelques heures apr\u00e8s, je me r\u00e9veille, couch\u00e9 sur le sol du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">no man\u2019s land. <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">Il n\u2019y a plus de v\u00e9g\u00e9tation autour de moi. Je suis le seul, en vie en tout cas, car oui, il y a des cadavres un peu partout autour de moi. Je peux en reconna\u00eetre quelques-uns. Sans plus tarder, je reprends mon arme et je commence \u00e0 ramper vers la ligne de d\u00e9fense des boches. Je sais que c\u2019est une mission suicide. Ce qui compte, c&rsquo;est le nombre d\u2019Allemands qui tomberont sous le feu de mon fusil et sur la pointe de ma ba\u00efonnette. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Il ne faut pas que je me fasse rep\u00e9rer avant que je sois dans la base. En relevant ma t\u00eate, je peux apercevoir une entr\u00e9e potentiellement gard\u00e9e par un seul homme. Je sors lentement mon couteau de ma poche, je laisse tomber mon arme sur le sol avec douceur et en quelques secondes, je me rel\u00e8ve, tranche la gorge du soldat pour me recoucher instantan\u00e9ment. Aucune sir\u00e8ne ne retentit. je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9. Je reprends mon arme et je finis par m\u2019introduire dans la base ennemie. L\u2019endroit n\u2019a plus rien d\u2019une base. Avec tous les obus que nous leur avons envoy\u00e9s, leur tranch\u00e9e s\u2019est pratiquement compl\u00e8tement effondr\u00e9e. Je me rends compte que la mission que je me suis donn\u00e9e n\u2019a aucune logique. Si je fonce dans le tas, je vais me prendre une balle en quelques secondes. Je m\u2019assois quelques instants \u00e0 la recherche d\u2019une solution pour pouvoir contacter les Britanniques. La seule solution que je trouve est d&rsquo;utiliser ma fus\u00e9e \u00e9clairante. Mais, il faut que je monte plus haut sur la colline. Je mets mon fusil sur mon \u00e9paule, prends mon couteau et je m\u2019avance dans les tranch\u00e9es ennemies. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">En regardant au sol, j\u2019ai une id\u00e9e de g\u00e9nie. \u00c0 cause de la pluie de la veille, le sol \u00e9tait recouvert de boue. Avec la nuit sombre, je pourrais me camoufler avec la boue. Je me roule dedans pour en avoir le plus possible sur mon uniforme. Sans plus tarder, je reprend ma route dans les tranch\u00e9es. Je tremble, j\u2019ai tellement peur que j\u2019ai de la mis\u00e8re \u00e0 me tenir debout. Je regarde au loin, la colline est si \u00e9loign\u00e9e, je ne me rendrai pas. Je sors mon pistolet et je tire juste au dessus de ma t\u00eate. Le ciel noir s&rsquo;\u00e9claircit d\u2019un rouge vif. Je me jette sur le sol en attendant les renforts. Apr\u00e8s quelque minute, j\u2019entends des bruits de pas se rapprocher. Je sais tr\u00e8s bien que ce ne sont pas des anglais. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">La seule chose que je ne veux pas, c\u2019est de me faire faire prisonnier ou m\u00eame torturer par les boches. Je suis en larme et apeur\u00e9. Sans perdre une seconde de plus je sors mon pistolet et je d\u00e9cide de me tirer une balle dans la t\u00eate, comme \u00e7a je sais que je n&rsquo;aurai plus peur et je pourrai aller rejoindre mes fr\u00e8res d\u2019armes&#8230;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Antoine B\u00e9rube-Lussier <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Juillet 1916<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Soldat Henry Teller, 18 ans, 25e division de l\u2019empire Britannique<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">1916, la guerre en Europe fait rage depuis deux ans d\u00e9j\u00e0. Depuis le mois de f\u00e9vrier, les Fran\u00e7ais se battent contre les Allemands pour conserver la ville de Verdun. Selon quelques rumeurs, les Allemands commencent \u00e0 battre en retraite et les Fran\u00e7ais sont encore debout. Mais est-ce la v\u00e9rit\u00e9 ou une simple histoire invent\u00e9e pour nous remonter le moral? Invent\u00e9e ou pas, demain ce sera une certitude, car les troupes Britanniques repoussent les arm\u00e9es Allemandes de la Somme, ainsi qu\u2019en France.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Pour le moment, la meilleure chose \u00e0 faire serait de se reposer, car demain sera un vrai bain de sang. \u00a0Je ne m\u2019inqui\u00e8te m\u00eame pas pour la victoire, car avec les renforts de pr\u00e8s de 300 000 Fran\u00e7ais et avec nos 1 500 pi\u00e8ces d\u2019artilleries, les Allemands n\u2019ont qu\u2019\u00e0 bien se tenir.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Je profite de ma derni\u00e8re journ\u00e9e tranquille pour fl\u00e2ner d\u2019une bande \u00e0 l\u2019autre, entendre les nouvelles de la situation d\u2019un peu partout dans l\u2019Europe.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">La premi\u00e8re bande que je croise n\u2019avait \u00e0 peine plus de 18 ans. L\u2019un d\u2019eux \u00e9tait un r\u00e9fugi\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e d\u2019Italie. Il s\u2019\u00e9tait battu durant l\u2019offensive Italienne contre les Austro-hongrois \u00e0 Isonzo. Son bataillon s&rsquo;est fait d\u00e9cimer sous les feux ennemis. Il a d\u00e9sert\u00e9 en plein combat et il \u00e9t\u00e9 rep\u00each\u00e9 par un bataillon de Fran\u00e7ais dans le sud de la France. Il avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 la prison, mais \u00e9tant donn\u00e9 le manque d\u2019effectif fran\u00e7ais, on lui avait laiss\u00e9 le choix de se battre ou d\u2019\u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 mort. Au d\u00e9but, on ne savait pas quoi faire de lui, mais au fil du temps, il s\u2019est rendu de plus en plus utile, surtout pour nous conter les nouvelles de l\u2019Italie et de ses combats contre les Austro-hongrois.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Les tranch\u00e9es sont sales et boueuses, pires que les terres humides de la Bretagne. En arrivant dans un cul-de-sac, je croise un groupe de Canadiens qui discutent des pertes sur le front de l\u2019est. Avec les Allemands et les Austro-hongrois qui repoussent de plus en plus les Russes, selon quelques-uns d\u2019entre eux, nous allons perdre cette guerre et la seule chance qu\u2019on puisse la gagner d\u00e9pend des Am\u00e9ricains; s&rsquo;ils entrent en guerre en Europe, on a une chance. Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que j&rsquo;entend parler de la possibilit\u00e9 de l\u2019entr\u00e9e en guerre de la <em>US army<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">La nuit commence \u00e0 tomber, je m\u2019installe alors sur le sol en recherche d\u2019une position confortable. Je sens que la nuit sera courte.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Le lendemain, je suis r\u00e9veill\u00e9, comme tout le monde, par le bruit des tirs d\u2019artillerie. Nous commen\u00e7ons \u00e0 pilonner les tranch\u00e9es Allemandes vers 6h30 du matin. Toutes les troupes britanniques sont mobilis\u00e9es pour \u00eatre pr\u00eates \u00e0 l\u2019assaut. Je prends mon SMLE MKIII pour y installer ma ba\u00efonnette. Il y a des tirs presque \u00e0 toutes les secondes. C\u2019est comme \u00e7a durant pr\u00e8s d\u2019une heure. Vers 7h30, notre commandant nous ordonne d&rsquo;avancer vers les lignes des boches en marchant. Personne ne sait vraiment pourquoi on y va \u00e0 la marche. Le commandant nous dit que les Allemands n\u2019ont pas surv\u00e9cu aux tirs d\u2019artillerie. Il est vrai qu\u2019avec plus de 1 000 000 d\u2019obus tir\u00e9s sur les lignes allemandes, il serait surprenant qu\u2019ils aient surv\u00e9cu.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Apr\u00e8s plusieurs minutes de marche, un de nos hommes se met \u00e0 crier \u00ab AU SOL! \u00bb. Au loin, on peut apercevoir les Allemands avec leurs mitrailleuses dans leur tranch\u00e9e. Il est d\u00e9j\u00e0 trop tard pour fuir, les balles proviennent de partout \u00e0 la fois. Une vraie pluie de plomb. Je vois mes compagnons tomber un par un autour de moi. Un vrai champ de cibles vivantes. Tout le bataillon britannique bat en retraite pour se diriger dans les tranch\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">En fin de journ\u00e9e, on compte pr\u00e8s 60 000 morts attribuables \u00e0 cette attaque rat\u00e9e. Cette journ\u00e9e est la plus sombre de tout l\u2019empire Britannique. Les troupes sont \u00e9puis\u00e9es et les soldats ont perdu la foi pour la victoire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Quelques heures apr\u00e8s, je me r\u00e9veille, couch\u00e9 sur le sol du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">no man\u2019s land. <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">Il n\u2019y a plus de v\u00e9g\u00e9tation autour de moi. Je suis le seul, en vie en tout cas, car oui, il y a des cadavres un peu partout autour de moi. Je peux en reconna\u00eetre quelques-uns. Sans plus tarder, je reprends mon arme et je commence \u00e0 ramper vers la ligne de d\u00e9fense des boches. Je sais que c\u2019est une mission suicide. Ce qui compte, c&rsquo;est le nombre d\u2019Allemands qui tomberont sous le feu de mon fusil et sur la pointe de ma ba\u00efonnette. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Il ne faut pas que je me fasse rep\u00e9rer avant que je sois dans la base. En relevant ma t\u00eate, je peux apercevoir une entr\u00e9e potentiellement gard\u00e9e par un seul homme. Je sors lentement mon couteau de ma poche, je laisse tomber mon arme sur le sol avec douceur et en quelques secondes, je me rel\u00e8ve, tranche la gorge du soldat pour me recoucher instantan\u00e9ment. Aucune sir\u00e8ne ne retentit. je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9. Je reprends mon arme et je finis par m\u2019introduire dans la base ennemie. L\u2019endroit n\u2019a plus rien d\u2019une base. Avec tous les obus que nous leur avons envoy\u00e9s, leur tranch\u00e9e s\u2019est pratiquement compl\u00e8tement effondr\u00e9e. Je me rends compte que la mission que je me suis donn\u00e9e n\u2019a aucune logique. Si je fonce dans le tas, je vais me prendre une balle en quelques secondes. Je m\u2019assois quelques instants \u00e0 la recherche d\u2019une solution pour pouvoir contacter les Britanniques. La seule solution que je trouve est d&rsquo;utiliser ma fus\u00e9e \u00e9clairante. Mais, il faut que je monte plus haut sur la colline. Je mets mon fusil sur mon \u00e9paule, prends mon couteau et je m\u2019avance dans les tranch\u00e9es ennemies. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">En regardant au sol, j\u2019ai une id\u00e9e de g\u00e9nie. \u00c0 cause de la pluie de la veille, le sol est recouvert de boue. Avec la nuit sombre, je pourrais me camoufler avec elle. Je me roule dedans pour en avoir le plus possible sur mon uniforme. Sans plus tarder, je reprends ma route dans les tranch\u00e9es. Je tremble, j\u2019ai tellement peur que j\u2019ai de la mis\u00e8re \u00e0 me tenir debout. Je regarde au loin, la colline est si \u00e9loign\u00e9e, je ne me rendrai pas. Je sors mon pistolet et je tire juste au dessus de ma t\u00eate. Le ciel noir s&rsquo;\u00e9claircit d\u2019un rouge vif. Je me jette sur le sol en attendant les renforts. Apr\u00e8s quelques minutes, j\u2019entends des bruits de pas se rapprocher. Je sais tr\u00e8s bien que ce ne sont pas des Anglais. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">La seule chose que je ne veux pas, c\u2019est de me faire faire prisonnier ou m\u00eame me faire torturer par les boches. Je suis en larme et apeur\u00e9. Sans perdre une seconde de plus, je sors mon pistolet et je d\u00e9cide de me tirer une balle dans la t\u00eate, comme \u00e7a, je sais que je n&rsquo;aurai plus peur et je pourrai aller rejoindre mes fr\u00e8res d\u2019armes&#8230;<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pluie de plomb Par:\u00a0Antoine B\u00e9rube-Lussier &nbsp; Juillet 1916 Soldat Henry Teller, 18 ans, 25e division de l\u2019Empire britannique. 1916, la guerre en Europe fait rage depuis deux ans d\u00e9j\u00e0. Depuis le mois de f\u00e9vrier, les Fran\u00e7ais se battent contre les Allemands pour conserver la ville de Verdun. 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